vendredi, mai 19, 2006

Beaux mots s'encensent

Peu de choses nous consolent, parce que peu de choses nous affligent.
(Pascal)

La Vérité n'existe pas, seulement la conviction alimentée par la foi.
(Je sais pas, mais c'est pas de moi)

samedi, avril 08, 2006

Instable définition

« Quand un homme cesse de choisir, il cesse d'être un homme »
L’aumonier dans « A Clockwork Orange » d’Anthony Burgess, 1962

mardi, janvier 17, 2006

Tiens...

Je me demande souvent pourquoi, dans une relation, nous épuisons notre énergie à décrire ou à affirmer que l’on partage des mêmes buts avant de s’appliquer à définir- ne fut-ce que pour le savoir- si nous partageons les méthodes pour y parvenir.

lundi, janvier 16, 2006

Alcoolhic Pise Tower(part.II)

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Salut, bien que cela soit possible de lire toutes les parties indépendamment les unes des autres, ça aura quand même un peu plus de sens si vous suivez l’ordre des textes. Enfin, comme vous voulez quoi… Ah oui, aussi, toutes ressemblances avec les différents personnages etc… c pas possible, c du hasard etc…
Jetèm. Mesh

Lien vers PART. I
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Chronologie -> Fatales métronomiques conséquences PART II: tu bois.

"..
- Alors, bien passé le week-end ? demande Sebio (nous ne nous sommes plus vu depuis jeudi dernier).
- Not bad, je répond, plutôt tranquillement… à écouter quelques disques, chez moi, peinard.
Il ricane « - hehehe, tu m’as l’air déjà complètement fade. », il marque un temps d’arrêt puis, en regardant mon verre « - T’en es à ta quantième là ? »
- Sais pas, ment-je, troisième, quatrième…
Il dépose son sac à dos « Puma » sur le dossier de la chaise en face de moi et pendant qu’il se débarrassait des couches de vestes de training oldschool et de gilets « Polar », superposées sous une épaisse veste argentée, genre « Rappeur », je me suis mis à glousser devant ses gestes patauds, apparemment handicapés par la masse de fringues aberrante qu’il avait réussit à empiler. Naturellement, j’étais un peu pété, et de toute évidence, sa chorégraphie de cosmonaute sous Valtran ne faisait rire que moi. J’ai donc calmé mes zygomatiques en m’avalant une dernière gorgée de bière tiède.
- Bon, je vois que je vais devoir te « rattraper » mon ptit père, tu m’as l’air dans un état déjà bien avancé, fit-il, en s'asseyant enfin.
- Tu parles, je viens d’assister à l’aveu d’une infidélité préprogrammée, dis-je en faisant signe de la tête vers la table de Maud « Je me suis sentis obligé de boire à la santé des futurs cornes du gaillard, solidarité masculine oblige».

Il regarde dans la direction de notre nouvelle cible, d’où s’échappent encor quelques rires gras et où Pierre – le père tranquille – se sentant observé, nous lança un regard sombre et affligé.
- C’est quoi ça ? me demande Sebio.
- Théâtreux.
Il se retourne vers moi et agite les sourcils, imitant le guimmic rigolo que Tom Seleck faisait toujours à sa grande époque « Magnum P.I.»:
-Ben on dirait ksa sprend pas pour du caca, humm? - s'ensuit le petit ricanemment typique-

Je vois arriver la serveuse à notre hauteur. Une petite vingtaine, type espagnole, 1m57/60, tronc très fin sur des hanches disproportionnellement larges, brune, plus si affinités.
«-Comment est-ce qu’on vit ? nous lance-t-elle sans même jeter un oeil.
Sebio me regarde, je fais « Trente-trois » comme dans le jeu télé « Des chiffres et des lettres » « Pas mieux » ajoute-t-il.
- Quoi, deux 33 alors?
- Waaaa baby, tu lis dans les pensées en fait? merde, fait Sebio(il était un peu rustre avec les filles, mais au fond c'était un grand timide). Je saute sur l’occasion « A moins que tu n’en remettes deux de plus sur le compte de la maison, ce qui dans ce cas, nous amène à 4 trente-trois et amorce une relation qui me semble déjà foutrement encourageante».
Je conclus d’un clin d’œil de gros bourré et lui affiche ce que je prend pour mon « best smile you’ll never see honey».
C’était notre jeux favoris : nous ne faisons les malins que lorsque nous étions en position de force.
- C’est ça, lança-t-elle. « Jipé, deux trente-trois pour la 5 avec les deux cons» et de tourner les talons vers une table un peu plus loin.

Je remarquai qu’il faisait beaucoup plus sombre dehors, que le « Shame Rock » s’était bien remplis depuis mon arrivée et que le volume de la musique, mis quelques crans plus haut, obligeait les clients à parler plus fort. L’alcool, déjà très présent dans mon organisme, avait commencé à modifier mon ouie et me faisait percevoir le brouhaha des conversations, des verres qui clinquent, des chaises qui reculent, un rire par ci et la sono en bruit de fond, comme un amalgame de bruits sourds où plus aucunes fréquences aigues n’étaient transmises à mon cerveau.
- Putain, toujours aussi sympa les serveuses ici, me dit Sebio d’une mauvaise foi inébranlable.
Il me demande : « Pourquoi t’es pas venu à la soirée au Tapsala samedi ? »
Je fouille dans la poche de mon survêtement – une grosse merde à capuche que ma mère m’avait acheté chez H&M, un mois plus tôt, et qui était déjà toute peluchée – pour en sortir un paquet d’Ajja17 extra-blond et du papier à cigarette.
- J’ai bossé tard… étais claqué, dis-je en roulant mon tabac, suis rentré vers onze heures et je me suis endormis direct.
- T’as raté mon vieux, c’était… terrible !

Quand Sebio disait d’une soirée qu’elle avait été terrible, c’est que ça s’était terminé aux petites heures et qu’on l’avait certainement ramené chez lui dans un état d’inconscience telle, qu’il aurait été incapable de reconnaître sa propre mère sur qui il aurait vomit après lui avoir demander de le sucer en la fixant droit dans les yeux. Le genre de soirée où je l’avais déjà retrouvé, en train de s’en prendre à un jack-russel à qui il avait brisé deux pattes pendant qu’il mimait, affalé de tout son long sur la bête, une scène de sodomie digne de « la guerre du feu ».

De mon coté, je mentais.

En fait, ce jour là, j’avais été engagé comme cameraman par une société qui tournait des vidéos d’entreprise. On m’avait contacté en fin d’après-midi et il s’agissait de filmer le déroulement de la dernière soirée d’une foire commerciale où s’était rassemblé toute une série de boites qui vendaient, pour la plupart, des machines à bois industrielles.
Comme, vous pouvez vous en douter, le sujet n’étant pas tip top sexy, mes « collaborateurs » et moi-même avons tôt fait de rejoindre le bar où, entre deux prises de la machine à compacter les copeaux, et l’interview d’un représentant en scies électriques pilotée par des cyborgs, nous nous épanchions sans complexes de bières spéciales et de piquettes râpeuses à la bonne santé du monde merveilleux – bien qu’écologiquement tragique – de l’outillage à bois.

Au fur et à mesure que le temps passait, j’avais de plus en plus de peine à monter mes lumières, quand à mes travellings, bien que j’étais convaincu de leur pertinence, étaient aussi boiteux que le premier film de communion tourné par Chantal Goya avec trois litres de vodka dans les veines.
J’avais repéré une petite coréenne – c’est par ailleurs, la seule femme que j’ai croisé sur cette foire – avec qui je flirtais grassement. Je ne la quittais que pour me ruer vers la seule attraction que j’avais jugé digne d’intérêt : un énorme jambon de parme trônant sur un buffet remplis de « tucs », petits fromages dégueus et autres « apéricubes » mis à la disposition du public.
On dégustait cette merveille après s’en être patiemment et scrupuleusement découpé une tranche – c’était vraiment tout un art – Un de gars avec qui je « travaillais », venait régulièrement me ravitailler en « Duvel » ou en « Leffe Blonde ».

Quelques quatre heures plus tard, je menaçais quiconque s’approchait trop près du précieux jambon, à l’aide de la lame de rasoir de 50 cm qui servait à le découper, que j’agitais devant moi en criant des grands « Ho ! Hééélà ! » des « PAS TOUCHER ! » ou encor des « On dégage mon gros ».
Evidemment, quand j’ai réussit à balafrer sur toute sa longueur le nez du big boss « Raboteuse à commande numeriqueXG54 » - coup du sort ? - deux malabars se sont jetés sur moi et m’ont gentiment traîné jusqu’à la sortie… comme en chemin, je protestais - peut-être un peu grossièrement - l’un deux m’a envoyé un gros coup de boule à la tempe qui m’à fait hurler comme un goret, ce qui eu pour effet de rameuter mes deux « collègues », plutôt bien éméchés eux aussi, mais ragaillardis par la vue de mon corps au sol, la tête entre les mains, en train d’hurler « Bande d’enculé de fachos de mes deux ! Enfoirés de SALOPARDS ». Ils n’hésitèrent pas une seconde à balancer sur mes tortionnaires leur bouteille de « chimey bleue » à moitié pleine. Erwan, le plus chétif, s’était ensuite jeté sur le dos de l’un d'entre eux, et lui arrachait les cheveux d’une main, pendant que de l’autre, il cherchait les orbites dans le but évident de lui crever les yeux. Les gens rassemblés autour de nous, semblaient horrifiés MAIS participaient à l’esclandre en insultant bruyamment les membres de l’une ou l’autre partie.
Dans la cohue générale, j’ai trouvé le moyen d’arracher de son stand, une tronçonneuse à essence qui, si elle ne pouvait fonctionner, avait la particularité de peser pas loin de 35kg.
A coté d’elle, traînait un verre de moscatelle que j’ai avalé d’une traite.
Alors que mes compères semblaient en très mauvaise posture – Erwan était maintenant plaqué au sol, sur le dos, et son adversaire, les genoux sur son torse, le frappait énergiquement à coups de gsm au visage – j’ai bondit comme une bête sauvage et me suis mis à asséner toutes personnes considérée comme ennemie, de violents coups de tronçonneuse aux orteilles.
Ca tombait autour de moi, en hurlant de douleur.
Des gens qui n’avaient rien avoir dans l’histoire, se sont mis, à leur tour, à se bagarrer. Les uns se portaient de brefs coups de poings, puis s’éloignaient en courant, puis revenaient… d’autres s’étranglaient, se crachaient dessus ; j’ai même vu un vieux gros, mordre la joue d’un gars que nous avions interviewé plus tôt et qui avait eut la mauvaise idée de venir voir ce qui se passait.
En fait, à peu près TOUT LE MONDE était ivre.
Soudain, j’ai sentis qu’on me retenait par le bras : un type me faisait une clef de Jiu-jitsu qui m’immobilisait la moitié du corps et un autre agent de sécurité, sortis de je ne sais où, s’est saisi de mon engin de mort. Tous deux me lançaient des regards furieux.
Un fois dehors, avant de me vider du mélange de Duvel et de jambon que je m’étais enfilé, j'ai annoncé à qui voulait l'entendre : « Je PREND la jaune avec MOI».

Puis, de fait, après les événements, on m’a jeté chez moi, de fait c’était aux environs de 23h et de fait, je me suis endormi comme une merde dans mon divan, sans oublier de vomir mes trippes sur la table de salon, oubliant du même coup, la fameuse soirée « Tapsala » où j’étais attendu par mon ami Sebio.

Je n’ai bien sur pas été payé pour mes services, et il y a de fortes chances pour que je n’entende plus jamais parler de la société qui m’avait embauché ce jour là ; sauf, peut être, pour participer au remboursement du matériel vidéo que j’ai judicieusement abandonné dans un coin du showroom et qui fut soit volé, ou détruit, ou qui sert de pièce à conviction dans un poste de polices Liégeois et qui appuiera sans doute la compagnie d’assurance des organisateurs du salon de « L’outillage industriel dans le travail du bois » qui déposera sans doute un plainte pour les dégâts et blessures causés au cours de la dernière soirée de cette putain de foire.

- Non, sincèrement, c’était vraiment quelque chose ! Il insistait pour que je lui demande de me raconter.
-Au fait, lui dis-je, j’ai écouté l’album de Joe Strummer que tu m’as filé. J’ai a-do-ré.
-Ouais je sais, ce mec est vraiment génial, n’oublie pas de me le rapporter un de ces quatre, ça fait un bail que je ne l’ai pas écouté. Mais bon, Pat, tu veux pas que je te raconte la soirée ou quoi ?
Me sentant coupable de ne pas lui avoir encor rendu son foutu disque, je lui répond, faisant mine d’être extrêmement intéressé par son histoire.
-Si si, bien sur, vas-y… j’imagine que Marie était là – c’est une ex à moi avec qui j’ai flirtouillé quelques mois, très jolie mais assez jeune et branchée « punk ».Elle ne se rasait jamais sous les aisselles et m’avait quitté pour un rasta de 50kg qui se nourrissait exclusivement de salade verte.
-La ptite Marie ? Ouais, elle était là mon pote, ça, c’est sur, elle s’est envoyé au moins 3 mecs et je crois qu’ils ont finis par la sauter tous ensemble.
- Information réellement indispensable, dis-je – ma voix trahissait une ironie forcée- « heureux que j’en ai seulement été amoureux pendant un an », j’exagérais mais ça ajoutait un coté dramatique à une tirade sensé le culpabiliser de me rapporter les plans glauques de mes ex-copines.
-Holala, Pat, qu’est ce que tu peux être cul-cul la praline...me lance-t-il avec une pointe de paternalisme écoeurante. « Avec Marie, c’est du passé non ? A son age – lui-même n’avait pas 26 ans bordel de merde, pour qui i se prend ? – c’est normal de s’éclater. Tu devrais prendre exemple sur elle, Et puis surtout, tu devrais apprendre à tourner la page.
J’aspire une grande bouffée de ma cigarette, en regardant par-dessus son épaule.
-Nom de Dieu, Charles Ingals, je hais cette façon que tu as de me parler comme si j’étais un gamin, alors que tu passes tes journées à foutre ton rythme cardiaque au même tempo que les putains de disques de « dub » à la con que l’ectoplasme qui te sert de cerveau et la fumée des 2 grammes de ton herbe débile pousse à faire tourner en SEPTANTE HUIT TOURS.

J’étais faché qu’il n’ait pas compris le message.
Je ne voulais rien savoir de ce que branlait mes anciennes nanas (et encor moins qui).

Je repensais à Marie, aux théories freudiennes qu’elle m’avait servit comme motif de séparation, à grands renforts de dilemmes affectifs dignes de Shakespeare, de questions métaphysiques sur une compatibilité mise à défaut, de larmes …« Et si…en fait je t’aime… mais non… tu comprends? - Heuu, non, pas bien - on ne peut pas… INCOMPATIBLE …je t’aime MAIS », toujours ces « mais, mais, mais »… comme si une chèvre était à mes trousses. Toutes les lettres, les emails, les textos pathos, sensés répondre à la question récurrente qui me venait à l’esprit dans ces moments pénibles : pourqwhy ? Quel était mon problème, exactement ? Et maintenant ? Qu’est ce que j’avais de moins que son bouffeur de chicoré ?L’argument d’un taux de chlorophylle trop bas suffisait il à justifier la destruction radicale de mon ptit cœur si sensible?Bien sur, ces considérations psychologiquo-romantiques contrastaient radicalement avec l’image sordide, rapportée par mon généreux ami, de la même Marie, deux mois plus tard, étandue dans l'arriere salle d'un squat lugubre ou flotte l’odeur rance du tabacs froid mélangé à celle de bière, d’herbe et de vomit ; la cloison nasale défoncée à coups de speed - le cerveau décapsulé au trois quarts par la mort aux rats -, en train de se faire prendre par trois connards, pénis en avant, rougeaux, moites, suintants et éjaculants à tout va sur son corps, me laissait un arrière goût quelque peu… disons…amer.

Je reprend, plombé par mes pensées, agacé par le niveau de la conversation : « Qu’est ce que tu trouves de normal à l’idée qu’une nana d’à peine 23 ans se fasse baiser par tous les cons qui lui propose un rail de coke ? ».
-Hen yaïe aïe, c’est bon Pat, tu fais chier, on s’en fout de Marie… laisse tomber, dit-il d’une voix lasse, « Et qu’est ce que fout la serveuse ? », il regarde vers le bar « Bon, ben, on est sensé revenir dans combien de jours pour être servi ? » puis il se retourne vers moi.
- Je trouve que t’y va un peu fort.Tu te permets de critiquer tout et tout le monde, alors que t’es raide saoul au moins deux fois par jour !
Je laisse échapper un rire un peu forcé« Mais je travaille moi, monsieur, je cale pas sur un disque qui tourne en boucle 24 sur 24, sept jours sur sept ! ».
- Tu rigoles ? tu bosses une fois par an…
La serveuse arrive enfin avec deux « trente-trois » qu’elle dépose méthodiquement sur la table avant de reprendre mon verre vide, puis de remplacer le cendrier plein par un vide et tout propre. Elle accomplis ces tâches sans jamais nous adresser un regard.
« Deux, seulement ? » dis-je, « Quid de notre relation ? ».
- Avortée, rétorque-t-elle avant de repartir.
Sebio, amusé, en profite pour engloutir sa bière d’une seule traite, puis s’écrie, le bras levé au ciel « Ramona, une deuxième sivouplai, merciiii ».Ca promet.

Je le regarde, un peu interloqué,« Ramona ? tu la connais ?».
-Bhé non hein, biesse… jdis ça comme ca.Un ptit tronc, un gros cul... jme suis dis
que Ramona, ça collait pas trop mal, me fait-il, tout en passant le revers de la main sur sa bouche.
-Bravo. Toujours très subtil.
-C’est ça oui, si tu te voyais, en train de la draguer comme un gros alcoolo… dans le genre subtil.
-Excuse moi mon ami, lui dis-je, mais entre nous - un silence - combien de bières est-ce que tu t’enfiles par jour ?
- Qu’est ce que tu veux dire ?
-Ben, tu bois au moins un verre par jour d’un truck alcoolisé, ne me dit pas le contraire, je te vois tous les jours !
- Ouais, ben, je sais pas, je dirais au moins deux trois bières…
- Seulement à midi – je rectifie, l’animal étant d’assez mauvaise foi.
- Ouais, pis bon, l’aprème je me prend un ptit apéro, tranquille. Souvent avec toi dailleur.
- J’apprécie le terme « tranquille » alors que tu finis d’avaler un quart de litre de chope, en moins d’un dixième de seconde.
Nouveau silence.
- Ok, bon, disons, je sais pas… l’équivalent de huit verres de bières par jour… en moyenne.
Il marque une pause, puis en riant « - Sans compter les jours d’extras quoi… faut bien rigoler non? ».
- C’est totalement affligeant, si tu ajoutes à ça ta consommation journalière de beu, on peut considérer que tu es dans le cake pratiquement du matin au soir?
- Nooon, mais ça va… je suis pas « saoul » avec deux bière moi fils, me lance-t-il avec son petit air narquois.
- Ca n’a strictement rien à voir ; tu prétends que je suis alcoolo, mais en fait, tu ne l’es pas moins… même si c vrai que je bois jusqu’à tomber saoul plus souvent que toi. Il n’empêche que tu picoles mon vieux, tu bois… statistiquement, t’es un putain d’alcoolique.
- Tu rigoles ? il fait mine de s’inquiéter… « RAAAAAAAAMOOOOOONAAAAAA, deux Chimay Bleue iciiiii…S’il te plait, dépêche toi, on est ma-la-de ».
En réalité, il avait l’air aussi saoul que moi, si pas plus, et ça ne m’aurait pas étonné qu’il ait traîné dans un autre bistrot, BIEN AVANT d’atterrir ici…

L’idée du goût sucré et amer de la Chimay Bleue, à la fois lourde et onctueuse, me mettait d’excellente humeur et laissait présager un début de soirée très prometteur.

Nous avons poursuivis nos diverses discutions à propos de tel ou tel film, jugé surévalué par l’un, carrément mauvais par l’autre, d’un artiste que l’un ne connaissait pas et dont celui qui en avait entendu vaguement parler, exagérait les qualités comme pour affirmer son érudition.
C’était un jeu de surenchères, positives ou négatives, nous n’allions jamais dans le sens contraire à l’autre, mais toujours en réaction « aux autres », à « l’extérieur ».

Nous parlions aussi sur tel ou tel copain, on le décausait gentiment mais en étant toujours le plus impitoyable possible. Les femmes aussi, avec qui nous avions beaucoup de difficulté à communiquer, restaient un sujet inépuisable, divisé en trois parties : Il s’agissait de d’abord fantasmer sur des physiques à haute teneur d’inspiration sexuelle : seins, culs, hanches, jambes… Les points principaux étaient scrupuleusement disséqués.
Nous enchaînions ensuite sur les hypothétiques capacités intellectuelles . « Trop bonne » avait forcément une connotation « Trop conne », ce qui avait le don de nous rassurer et nous aidait à mieux accepter le taux de probabilité cruellement bas, que nous avions de lui fourrer un jour la langue dans le palais.
S’ensuivaient systématiquement des débats animés au sujet de la qualité de son « caractère ». Si la fille en question était une personne connue - ou une « vieille histoire » -, on ne la ratait sous aucun prétexte : salope, mesquine, stupide, chiante… si l’un d’entre nous projetait de la séduire, l’hypocrisie naturelle voulait qu’on la trouve « Trop cool, vraiment sympa, toujours de bonne humeur, super mignonne et vraiment pas conne ».

C’est moins quand nous étions à courts de sujets que quand nous couvrions le bruit de la salle et que les serveurs commençaient à insister pour que nous parlions moins fort, que l’on commençait par faire nos comptes et décider de la suite du programme.

En général, tant qu’on était pas complètement fauché, on continuait à picoler, chacun avançant la tournée de l’autre.
Si nous n’avions plus de quoi payer, nous procédions à la recherche d’un plan « B ».

Ce soir là, tout se passait sans problèmes et j’avais encor un peu d’argent.
J’étais aux toilettes, je me lavais les mains, mon regard se baladait sur des affiches un peu criardes, avec des lettrages carrés de soirées « electro ». Je me suis ensuite retourné, pour tomber nez à nez sur mon reflet, dans le miroir. Des cernes noirs couraient sous mes yeux et creusaient mon visage. Je n’étais plus rasé depuis des jours, mes cheveux étaient sales et en pagaille. Un éclairage cru me renvoyait l’image d’un homme fatigué, les yeux rougis, au teint blafard et dont il ne ressortait aucun signe de bonheur. J’ai ensuite rejoint Sebio. Je l’ai écouté raconter ses conneries sans rien dire, pendant encor un petit moment. Puis, alors qu’il commençait à devenir de plus en plus désagréable avec « Ramona », je l’ai abandonné sans qu’il ne s’en aperçoive.
Je venais d’etre fauché par une tristesse qui m'attirait tout au fond, sous la croute terrestre.
Mes jambes pesaient des tonnes.
La sol semblait vouloir m'avaler.

Au moment de quitter le « Shame Rock », j’ai cru voir un visage familier dans une voiture arrêtée, un peu plus loin, à un feu. Mon père que je ne voyais plus depuis des années.
J’en ai eu un haut le cœur qui m’a paralysé, l’alcool faisait battre mes tempes… j’ai essayé de regarder un peu mieux, en me concentrant, pour être sur.
Quand je me suis décidé à approcher, le feu est subitement passé au vert et la voiture a démarré. Je suis revenu sur mes pas, le souffle coupé. Mon coeur battait à tout rompre, comme après une grosse frayeur.
Avoir pensé que cela puisse être lui, me procurait un certain malaise.
D’une part je ne voulais pas le voir, nous nous étions violemment disputé, mais j’avais été attiré comme un aimant par la voiture, mut par une curiosité un peu malsaine.

Je suis revenus sur me pas, j’étais déboussolé, il devait être pas loin de 22heures, un vent glacial me fouettait le visage. J’ai zigzagué de ruelles en ruelles, prenant comme raccourcis les quartiers glauques où s’activent les dealers et les puttes, pour rejoindre mon meublé.
Une voiture de police s’est approchée lentement jusqu’à ma hauteur, je percevais le regard des agents me parcourir de la tête aux pied, comme pour me sonder, tout avait l’air de se passer au ralenti. J’ai trébuché sur une bouteille de Pepsi qui traînait par terre, le bruit strident du verre sur le pavé humide fut augmenté par son écho. Tout à coup, l’intérieur de mon être était soumis à la terreur, j’ai accéléré le pas, sans m’en rendre compte, et j’étais saoul et déprimé et j’avais certainement oublié mes papiers quelques part et ça allait me tomber dessus, j’en étais persuadé.
« la maison… vite… »

Quand j’ai poussé la porte de mon appartement, j’ai dus enjamber le tas de courriers qui s’amoncelait devant l’entrée depuis des mois et que je ne ramassais jamais.
Je me suis rappelé nos conversations avec Sebio, cet après-midi.
Je pensais à la petite Marie et ses afters pornos, puis à Olivia dont j’étais toujours amoureux et qui m’avait quitté pour aller vivre en Nouvelle-Zélande avec son ex-mec.

Je pensais à ma vie, à mes perspectives d’avenir...

Devant moi s’étendait le spectacle désolé d’une montage de boites à Pizza, de cannettes vides, des mégots de cigarettes, de joints à demi entamés, de sandwichs desséchés, de restes de poulet, de vaisselle entassée sur une planche moisie par l’humidité.
Ci et là, des amas noirs et blanc de poils de chats, gros comme un poing venaient ajouter la touche finale dans ce qui fut autrefois la cuisine de l'appartement.

...elles n’avaient rien de réjouissantes.

.."

samedi, janvier 07, 2006

Alcoolhic Pise Tower

Alcoolhic Pise Tower - Penchant pour la boisson (version traduite de l'American par l'éminent Dr.Snogle)

Pamphlet sur l’ébriété générale.
Je bois, tu bois, nous buvons vous buvez, ils boivent.

Cette démonstration aiguisée d’une fine maîtrise de la grammaire classique, aux accents irréprochables, à la ponctuation ferme et contenue à la fois, ces mots sophistiqués qui s’enchaînent, dévoilant la rythmique tribale imparable du phrasé, mêlée d’une sensualité que Verlaine himself ne saurait nier (et pour cause), sont au service d’une révélation « choc », d’une révélation « sexy » sur ma relation passionnelle avec miss « Chimay Blue 2005 ».

Elle, ma bière… LA bière…
Lui - moi quoi - on va l’appeler « Patrick » (ou devrais-je dire « m’appeler Patrick »). HENNNNNNNNNN quelle tennnnnnnnnsion… mes copains.
QUELLE tension.

Chronologie -> Fatales métronomiques conséquences PART I: je bois.
"..
16h45, mardi 17 novembre, Liège City Hardcore… Arizona. (Quoi ?).

Je jette un coup d’œil à la fenêtre de mon petit meublé du centre-ville,tandis qu’à la radio, le légendaire groupe - pop rock FM - « Toto » entame les derniers accords de « Roseanna» (probablement un des meilleurs single qu’ils aient jamais produit), la pluie bat son plein sur la ville et mes géraniums.

Pourtant, je suis bien forcé de reconnaître qu’une énorme insatisfaction sommeille en moi.
Je m’emmerde comme un rat mort.

Si j’avais une petite copine, je traînerais au lit avec elle, à faire l’amour jusqu’au soir, mais la dernière apparition de deux chromosomes X dans les couloirs de mon castel date [approximativement] de -715 av.JC, et je dois bien avouer que, si ce fait historique mérite d’être souligné, il ne fut pas moins une source intolérable – et inextinguible - d’agacements, voir
de contrariétés.

Ce constat finit d’abattre un moral déjà bien fragile. Ca tombe bien, le programmateur de la radio, décidément habité par un démon enragé, poursuit sa programmation furieuse par un délirant « Take a chance on me » du groupe mixte des années seventies « Abba ».

Je jette un coup d’œil à ma montre : 16h49.
Le temps ne passe pas ici, c’est incroyable !

En relevant la tête, je croise le regard de « Pépé », un matou obèse que j’ai eu le malheur d’accepter en « pension » pendant que mes voisins - pour qui, d’ailleurs, je n’ai aucune sympathie particulière - passent tranquillement leurs vacances sur je ne sais quelle montagne, dans je ne sais quel bled à -20degrés, sous trente centimètres de poudreuse,
« Pépé », bien avant que son couple de maîtres n’ait mis un pied à la raquette, avait déjà manifesté pour ma personne une sorte de dédain toute féline qui m’avait laissé entendre que notre cohabitation se transformerait rapidement en un jeu pervers dont je ne sortirais JAMAIS victorieux. A peine avais-je le dos tourné qu’il dévorait ma réserve de cotes d’agneau, faisait tomber mes orchidées et les vases pleins d’eau de mes tournesols et frottait son corps pleins de poils -qu’il perdait négligemment- sur mon divan « Le Corbusier » et griffait avec une frénésie parkinsonienne chaque albums de ma collection de « Complainte des landes perdues », quand ce n’était pas pour s’attaquer à mon fauteuil «Eames » en cuir véritable.
Il était laid, boiteux, son pelage hirsute traduisait des nuits passées à se bagarrer ; une ablation des couilles l’avait rendu énorme, lui donnant l’aspect d’une grosse poire tombée sur le flanc.
Jamais la créature ne manifestait une quelconque marque d’affection, jamais il ne laissait échapper un signe, aussi infime soit-il, d’une quelconque reconnaissance à la main qui le nourrissait.
Sa compagnie remplissait mon épiderme de démangeaisons auxquelles s’ajoutait une sensation de haine incontrôlable envers ses foutus propriétaires. Comment pouvaient-ils sciemment accepter d’être les esclaves d’un animal aussi égoïste ?
Il était là, tranquillement installé dans son coussin, à m’observer sournoisement et je pouvais lire dans ses yeux : « Tu m’ennuies. Tu n’es qu’un con, un looser !» - et je me demandais sérieusement si j’allais le laisser crever de faim, pendu à un clou, ou plutôt l’offrir en zakouski aux pitbulls de mon dealer.
Et puis, brusquement, il s’enfuit vers la cuisine.
Ca me rendait complètement dingue : il savait que je savais qu’il me méprisait totalement, et c’est précisément ça qui l’excitait.

Bon, allez, ça y est, tant pis pour la pluie, je marche d’un pas décidé vers mon « cuir », tout en regardant si un parapluie ne traîne pas dans le joyeux chaos du salon.
Non. Pas là.
Dans la cuisine peut être ?

Tiens, si je téléphonais à mon ami Sebio histoire de voir s’il traîne déjà dans un bistrot ou l’autre ?
Merde, mon téléphone. Dans le salon ? Non, pas là… Ah, bonne nouvelle : voilà mon parapluie.
Ca y est, j'ai aussi mis la main sur mon bigophone des temps modernes ; j’appelle.
Bien sur, je tombe sur un répondeur : une voie lancinante de femelle échaudée laisse entendre que « Non, Sebio n’est pas disponible pour l’instant » et blablabla.
J’en déduis que ce fumier A une nouvelle copine, ce qui produit en moi un leger, mais net, sentiment de frustration tandis que je descends quatre à quatre les escaliers menant à la…


Civilisation, ENFIN te voilà !

- Bonjour, fais-je – au hasard – à une dame que je vois se faire littéralement « tracter » par un golden retriever de 60 kilos.
Celle-ci me répond d’un regard comme indigné de me savoir témoin de sa délicate situation, et continue son chemin en maugréant.

Houla ! Ca tire la gueule dehors. Evidemment ça drache comme une soirée StarAc avec Magali en pleine mousson. Puis i faut bien dire que Liège Arizona un mardi après-midi, c’est pas non plus « carnaval de Rio »… m enfin… merde… UN BAR, steplé civilisation un BAR.

J’irais bien au cinoche, mais j’ai le choix entre le dernier Walt Disney et ses avalanches de bons sentiments au douces saveurs de guimauve pour enfants de jésuites mono neurones souffrants d’apathie congénitale depuis 30 générations, « Doom » certainement l’ adaptation inspirée du splendide et tellement poétique jeux vidéo de PAN PÄN jte TUE ta GUEULE dans TA MERDE, et il me suffit d’une rapide exploration de ma poche droite pour constater que je n’ai pas les 450€ requis pour avoir droit à me mater une heure et demie de la pire daube que l’univers aie jamais réalisé en ces périodes automnales.

Un passant apparemment dans le besoin, en profite pour me demander si je n’avais pas une petite pièce pour l’aider à prendre son bus, son chien, sa came ou je ne sais quoi; pas vraiment fais gaffe.
Toujours à l’écoute de cette bonne vieille culpabilité judéo-chrétienne, la main encor fraîche d’avoir tripoté ma ptite monnaie, je lui tend trois pièces, dont une de 2€.

Putain, quel con : le prix d'une bière (au moins 33cl !).
Ben voilà ! je boirais bien une BIERRE !

Ca pleut toujours bien sur, le premier bistrot fera l’affaire, mais attention : le premier bistrot de MA liste n’est pas le premier bistrot du tout venant.

Ce petit paradis n’est ni plus ni moins qu’un large établissement de plein pied, à la décoration sobre, mais rustique, avec ses banquettes de skaï couleur bordeaux qui longent cinq grandes vitrines donnant sur les allers et venues des passants; son antique comptoir latté de bois d’où émergent, tel des bambous épanouis, quatre pompes rutilantes où se jettent les visages animés de ses plus fervents admirateurs ; avec son superbe vaisselier qui accueillent autant de flyers, affiches et magazines « Arty-Cine-Music » gratuits mais toujours en couleurs que de bouteilles(vides, anciennes, originales !) des alcools les plus mystérieux.
Cerise sur le gâteau, ce divin hectopièze, situé PILE en face de l’université principale de la ville, brasse de par ce fait une population majoritairement jeune et… féminine !
L’endroit idéal donc, pour rencontrer la future (jeune) mère de mes futurs (jeunes ?) enfants.


Même si je dois bien avouer que, depuis le temps que j’y traîne mes savates, j’y ai plus souvent croisé les mioches désespérés de mai 68 qu’une mère hypothétique.
Mais bon. Au moins, je serais au sec.

HAAAAAAaaa… un ptit sec ?

Et d’entamer le premier quart d’heure au « Shame Rock » - c’est son nom, vous noterez en passant le subtil jeux de mot – sans bien sur avoir omis de sélectionner stratégiquement la table la plus en vue avant d’y déposer mon calice, puis dépendu un bon vieux journal de son présentoir.

Les universités accueillant sociologues, philosophes, anthropologues et autre artisans en herbe du « logos universalis », il ne faut jamais oublier que ceux-ci sont pleins de jeunes principes : pas question de se bourrer la gueule tout seul sans AU moins faire semblant de s’enquérir des nouvelles du « monde ».
Pour ma part, me foutant éperdument des retombées économiques de l’achat de quelques « Airbus » par les chinois, des montées aux créneau de politologues européens gateux, de l’abracadabrante position de Sarkozy et son implication dans les récentes émeutes parisiennes,
de la montée ahurissante des prix du pétrole, de la rage de dent fulgurante qui pousse Nolwenn à nous priver de ses nouveaux tatoos, de la météo d’aujourd’hui, encor plus de celle de demain, sans compter celle de 1907, de savoir si ma Sagittaire d’ex se trouve en bonne position astrale et sera enfin en mesure de rencontrer l’homme de sa vie, je choisis donc un bon vieux « Canard enchaîné ».
Au moins ya des ptits dessins, c’est rigolo et j’aime beaucoup Cabu.

Trois fois 33 cl de bière plus tard, je me surprends à écouter la conversation d’une petite tribu arrivée un peu plus tôt.Tout porte à croire que Maud, petite copine d’un dénommé Boris, vient se donner un peu de courage avec ses amis avant d’entamer ce que je comprend être un « one-woman show ».
Hohohohohoh, ne vous emballez pas ! je vous vois venir avec vos Mimie Matti, vos Carlos et autres Roland Macdamme, ces finaud représentants du rire en solo. Rien de tout cela.
Il s’agirait plutôt d’une « pièce »…

Maud, son corps posé nonchalamment sur la banquette, explique à quel point la soirée de la première s’est « prodigieusement » déroulée, utilisant un ton habilement dosé d’indifférence et de fatigue, afin qu’il soit bien entendu, que sa position « successfull » n’est rien autre que le fruit d’une maîtrise chirurgicale, mais inaccessible pour le commun des mortels, de la mécanique imposée par le « métier » aux étoiles dignes de ce nom.

Bien entendu, son ego n’a d’égal que son arrogance ; En percevant dans le vomit de banalité le nom du lieu où elle se produit, je clos mon jugement grâce à cette information capitale :
Cette salle accueille, en période de vacances, après un énorme matraquage médiatique des radios, journaux ou autres télévisions locales, la coquette somme de 83 personnes (au bas mot!), en comptant les nains, les gnomes pieds bots, les trolls et autres champignons magiques de l’ Arizona.(<- ca me fait vraiment délirer… l’Arizona quoi, carrrééééms)

Devant elle, Pierre, Sandra et Elise manifestement subjugués par un caractère si torturé, n’en restent pas moins impassibles, presque désintéressés, ponctuant quelques conneries de la profonde copine de « henhen… hmmmm… ouais ouais ouais » monotones, laissant leurs sourcils comme seuls témoins d’un engagement total à la conversation.

Moment crucial de l’excitant bavardage, Maud, soudainement animée, se laisse dire que « David » le régisseur son et lumière du spectacle est « Vraiment un mec super, efficace et tout, et super à l’écoute tu vois », sur quoi Elise ajoute, étouffant à peine une petite convulsion intestinale « Qu’en plus, David serait plutôt beau mec, ski ngâche rien».
Pierre conclut par un « Hé bien, Boris n’a qu’à bien se tenir» ce qui à pour effets de plonger nos intellos revêches dans un grand éclat de rires et d’œillades complices.

J’irais bien au théâtre mais il n’y a rien que je déteste plus que ces ptits théâtreux de merde qui fricottent du cul en prenant des airs inspirés, ces foutus pete-fion gavés au xanax qui se répandent lascivement derrière des manières d’artistes maudits.
Ces péquenauds d'une intelligentsia bien-pensante, bourgeoise et nécessiteuse.

Ca y’est, c’est ma cinquième 33cl, juste le temps de me rendre compte que je commence à être vraiment bourré et qui vois-je arriver, sourire radieux en guise de bonjour sur sa vielle tronche d’apôtre ?
- Hey Hey ! Alors l'artiste, qu’esstu fou ?
- Sebio, enfoiré de polygame... ben comme tu vois : je bois.

.."

>vers PartII

jeudi, décembre 29, 2005

D'une certaine idée de la solitude

Incrédible, incroyable…
Apres plus de 29 ans de bons et loyaux services envers ce monde en pleine décrépitude,j’entame une trentième année seul, comme un con.

Alors que tres sincerement, pour avoir l'air con, je n'avais nullment besoin de brandir ce poignet franc et musclé - qui caracterise une grande agitation - et ma tronche en solitaire.

Je dis non.
Une chose cependant me travaille.
Ca veut dire quoi etre « seul » ?
Franchement, de vous à moi, exactement?

Ne sommes nous pas livrés à nous même, quoiqu’il arrive ?
Face aux aventures impromptues de la vie ?Cette vie instable, inégale, imprévisible qui nous amène chaque jour son lot de tourments et de joies aussi ?
Maitre Capello : joue moi « lettre à Elise » tandis que je narre !
Nan nan nan nan nan, stop !

Sans déconner, qu’est ce qu’il y a de plus con comme croyance que celle qui nous fait penser que nous évoluons, tel de vieux cow-boy solitaires, sur ce tas de roche et ses contours, balisé de troncs, de mers, de bars ?

Probablement deux choses : la première étant l’inévitable horreur d’admettre que oui : nous ne voyons et évoluons dans ce décor qu’à travers une pauvre et égocentrique paire d’yeux.
*Notez que l’on pourrait s’adonner ici, à la réalisation d’un tonitruant contrepet :
« Notre pauvre et egocentrique Père Dieu. »… mais attention, de là à ce que cela fasse rire l’un d’entre vous…

C’est bien avec ce corps et ces yeux là que nous évoluerons jusqu’à la fin.Ils sont les récepteurs d’une réalité environnante, mais aussi les vecteurs de nos actes, de nos choix pour enfin dessiner la majeur partie de ce que l’on saura identifier comme/pour « conséquences » , et ce, durant toute notre existence.

D’autre part, une intuition sous-jacente nous laisse entendre qu’éventuellement, la réalité ne s’arrête pas forcement au seuil de notre expérience, de nos perceptions.

L’interaction entre ces deux états, comme un mouvement de balancier, devient le moteur de ce qui suffit à constituer en nous l’image « CERTAINE » d’un univers radicalement exigu qui, tout en laissant percevoir, du fait de la contradiction entre ces perceptions et « l’exactitude » de celles-ci, l’éventualité d’une réalité plus large, voir « indépendante », provoquant ainsi une confusion relativement agaçante.

Naît alors une fracture : il y aurait « notre » réalité (celle dont nous faisons l’expérience) et … une autre (celle dont nous soupçonnons l’existence, mais qui nous « échappe »).
Voici également une excellente occasion de ressentir cette sympathique et fort amusante sensation : la solitude ;
- Que je le veuille ou non, je suis « séparé » d’une certaine réalité, ou du moins de son accès, comme l’accès certifié à celle des « autres ».

Tu risques fort de te sentir seul copain, et ce n’est pas fini :
Ajoutons à ce joyeux bordel (qui, jusqu’à présent, à au moins le mérite de paraître « naturel ») une notion tres en vogue dans les mœurs des sociétés occidentales modernes dites « riches » ou en tout cas industrialisées : l’individualisme.

Voici une définition de ce mot tirée du dictionnaire en ligne : http://www.granddictionnaire.com/btml/fra/r_motclef/index1024_1.asp

« Individualisme : Conception qui fait prévaloir les droits de l'individu sur ceux de la société, qui fait de l'individu le fondement de toutes les valeurs. »

Bien qu’il me semble que cette définition soit un peu courte, représentons-nous l’être humain pour qui cette notion est la base de ce qui valide son action (et donc de ce qui, d’une certaine manière, le définit) et forcément son « interaction » avec le monde extérieur. Sans oublier bien entendu, de placer la réception et l’intégration de cette nouvelle et fort séduisante information en respectant le bon ordre chronologique de son apparition dans son système de valeur ; c'est-à-dire APRES la création des premières images de ce qu’on admet comme « vraisemblable », « réel »…

On peut aisément admettre que l’homme est un animal « réactif », ou pour etre plus exact « EN réaction ».

Petit résumé des épisodes précédents :
Après avoir été induit en erreur pour des raisons insondables – voir mystérieuses hahahah - voici notre cher « Ego » presque « CERTAIN » d’avoir une représentation complète et détaillée de la « réalité » extérieur, qui le laisse donc (paradoxalement) « vaguement » penser que celle-ci est un élément isolé de lui-même.
Boosté à grands coups de doctrines savamment distribuées il admet comme vérité acquise et partagée par une grande majorité de son univers social que « ses droits PREVALENT sur ceux de la société, et qu’il est le seul fondement de toutes les valeurs. »

En un sens, à chaos, chaos et demi.

Pour les plus subtils d’entre nous, et aussi pour prendre un cas moins « extrême » de ce que suggère ce concept, il suffit de considérer la partie traitant le système de « valeurs » qu’il est sensé générer et on pourra aisément le ramener à des expressions comme « Manger ou être mangé », ou encor « La fin justifie les moyens». Sachant que cette fin variera bien sur, selon le bon vouloir et la morale des uns et des autres. Il en sera forcement de même pour ce qui concerne les moyens.

Plus que des conséquences relativement dramatique sur la qualité de l’échange entre cet « Ego » et l’ensemble de son environnement, il me semble fort peu vraisemblable de penser qu’une telle situation « mentale » puisse faire naître une quelconque satisfaction durable et apaisante à l’individu désirant exprimer sa singularité.

De ce fatras de faux-semblants, l’atterrissage forcé vers le sentiment qu’on est bel et bien livré à soi-même parait inévitable.


A ce niveau, vous noterez que l’idée de solitude à surgit au moins deux fois : La première fois grâce au cadre naturel qui nous fait définir la réalité hors de notre perception comme un objet extérieur et donc nous en isole.
La seconde au moment ou, « à peu près » persuadé (en tous cas « satisfait ») de la vraisemblance du premier phénomène, nous nous servons de celui-ci pour appuyer et accepter « l’individualisme »(notamment !) comme philosophie « naturelle ».Amusant n’est ce pas ?


Ensuite, le deuxième raison qui pourrait valider le concept « d individualisme » comme conséquence directe de l’acceptation de notre statut de « seul face au monde » est la notion, souvent mise de coté pour des raisons aussi inavouables que la peur et/ou l’ignorance, d’ « impermanence ».

Est-ce que tout le monde suit ?Jean-Mi ? Mireille ?
Ok, on y retourne.

L’impermanence de notre existence sur cette planète est certainement un élément clef, tant du coté stratégique de l’évolution sur l’ensemble du système vivant que du coté des préceptes de l’esprit humain qui établissent ceci : Si le fait de notre impermanence était conscientisé au même niveau que la certitude que notre monde s’arrête là où s’arrêtent notre « perception » de la réalité est erronée, l’existence humaine serait réduite au rang de suicide.Une longue et désespérée fuite en avant.

Hors, si l’une de ces idées est strictement irréfutable (l’impermanence) même si on en ignore les « causes » ou les « raisons », l’autre mérite qu’on s’y attarde encor un instant.

Nous n’évoluons pas en solitaire mes chers frères, mais plutôt de « concert ».

L’absurde imbroglio entre cette réalité et celle qui affirme que nul ne fera à votre place ce qu’il vous faut faire ou penser est certes bien enraciné dans nos habitudes, mais relève plus de la tragédie comique que du postulat inévitable pour aborder sa vie, et se définir « soi » par rapport à «l’ autre ».

Sommes nous prêts à croire que « rien » n’a de sens ? Dans ce cas, arrêtez ici votre lecture. Dans le cas inverse, même si rien n’est moins sur, est-ce qu’on contraire « tout » à un sens ? Est-ce que chaque chose, chaque être, chaque instant à sa place et un sens ? Si oui, est ce qu’un sens peut être couplé à l’idée de « fonction », une fonction qui puiserait sa source dans un spectre de dimension beaucoup plus large que celui perceptible directement par l’humain?
Attention, rien de mystique à cela, s’il vous plait ! Permettez moi de tenter un exemple.
Si on prend le terme « sens » dans l’idée de direction, de chemin.
Gauche, droite, nord et sud sont des voies qui ne valent que parce qu’elles doivent etre empruntées. Si on « doit » emprunter un chemin, c’est qu’on doit se rendre d’un point à un autre n’est-ce pas ? Le chemin, la voie, le sens dans ce cas à pour fonction de mener, à partir d’un point, vers un autre.

Si les points suivants ont été admis, on peut penser qu’il y a une raison purement fonctionnelle (au sens « mécanique » du terme) au fait que des idées comme l’impermanence et la multitude soit si peu « conscientisée ».On peut enfin accepter qu’il est possible de dépasser cet état.

Parce qu’en effet : nous ne sommes pas « seul » au monde, il suffit d’ouvrir un peu les yeux et de tourner légèrement le regard pour s’en apercevoir.
Tout comme la notion d’individualisme ne peut ni ne doit être inculquée car elle repose sur des fondations illusoires et ne conduit qu’à la souffrance, l’isolement, les conflits.


La difficulté de faire la distinction entre le fait qu’on est seul à déterminer nos actes, seul à ressentir l’impacte de ceux des autres ainsi que des événements qui balisent notre vie et le fait que nous ne le sommes en réalité PAS est peut être une des raisons qui nous pousse à agir de manière totalement égocentrique, à admettre des concepts réducteurs, pauvres en générosité, générateurs de frustrations, d’isolement, d’incompréhensions tant au niveau individuel, qu’au niveau global.

Je reprend le terme « concert » et m’en sert en guise d’exemple :
Imaginons un ensemble musical.
Dans cet ensemble le concertiste ne pourra exister que par lui-même, et paradoxalement, à travers l’existence de l’ensemble, l’un et l’autre partageant une essence commune et fondamentale : exister pour eux-mêmes.Beaucoup de chemins pour ne pas « non-exister », mais ceux-ci sont parsemé de gardes fous suffisamment clairs (pour les musiciens du moins) les mettant face à cette question : Puis-je ou non prendre le parti de décider ma tonalité ou mon rythme sans mettre en danger la cohésion et l’harmonie de l’ensemble (Et donc, de ma propre harmonie) ?

Plus qu’une notion « altruiste » de la vie, la conscience de chaque éléments qui définissent, dans ce cas, l’univers du concertiste, que ce soit au niveau du volume ou hauteurs des sons, que des parties bien DISTINCQUTES et divisées en AUTANT d’individu que ne l’exige le concert, est primordiale.Dans ce cas précis, la conscience de l’autre et de l’espace qui nous est réservé par rapport à celui-ci est une exigence sans équivoques et simple à se représenter.

Alors à la question : qu’est ce que la solitude, j’aurais envie aujourd’hui de répondre ceci : la « solitude » pourrait être le fruit des contradictions engendrées par le mouvement de ces deux actions primitives : perception – réalisation ou plutôt « définition », et mère d’un sentiment extrêmement flou, douloureux mais à l’inverse non illusoire : la solitude (incroyable non ?). Ce sentiment sera tjrs la conséquence d’un fait social au sens stricte du terme et prendra tout son sens et son ampleur dans l’incompréhension de son état véritable : celui d' illusion.

Pire, elle pourrait permettre de valider des concepts de vies et éducatifs aussi obscurs et dangereux que celui « d’individualisme », comme j’ai tenté de le dénoncer dans ce texte.

Quels sont les dangers à courts, moyens et long terme du maintient du concept « d’individualisme » tel qu’il est présenté dans sa définition par le monde occidental moderne ?
L’isolement, l’infécondité.

Si cette idée est acceptée, se pose alors la question suivante : Quel est le danger à court, moyen et long terme de l’infécondité ?

Conclusion :
Quoi ? i faut vraiment que je te fasse un dessin ?

samedi, novembre 13, 2004

D’un monde en plein H&Misation.

Reprenons :

"-Tu peux remarquer que généralement plus un truc marche bien, et plus c indigeste..."

Aussi étrange que cela puisse paraître, ce constat est aussi navrant que réaliste.

Alors pourqwhy ?
Qu’est ce qui se passe sur cette planète ?

Qu’est ce qui fait que Mr tout le monde, votre serviteur en premier, toi en second, démontre une préférence radicale pour le lourd, le gras, le facile, le « pauvre » ?
Qu’est ce qui fait qu’il ne percoit que très peu, et surtout pas très longtemps, la nuance entre Jennifer et Wagner, Pespsi et un bon vin, Brad Pitt et Humphrey Bogaert… ? bref, autant d’ambulance sur lesquels il est inutile de tirer, tellement sur le « papier » cela semble évident pour le commun des mortels.

Qu’est ce qui fait que de ce fait, H&M vous permet de vous déguiser en votre star favorite, Ikea de vous meubler smart et sympa (super fonctionnel et pas cher( ?)), tout cela dans une ambiance faussement detendue(vous avez déjà passé une heure dans un Ikea, un samedi après midi de soldes ?), et sans jamais qu’une seule seconde, une paire de neurones de notre MrToulmonde national (que nous appellerons « Jean-Mi ») ne décide de se connecter afin d’émettre un leger signal qui déboucherait sur cette question : « Ai-je les attributs et les qualités nécessaires qui puisse faire de moi un animal bêlant ?> .

Jean-Mi serait il un gros lourd ?
Non.
Ca serait trop simple.
Jean-Mi est « un peu » paresseux.
Pourtant, Jean-Mi(parfois) travaille à temps plein, s’occupe de nourrir sa marmaille et de les foutre ici à la crèche, ici à l’école.
Les premiers samedi du mois, il honore madame JeanMi comme tout un chacun.
(après, évidemment, s’être un peu chauffé sur canal).

Mais je m’égare.
Jean-Mi bouffe ce qu’on lui donne. Point à la ligne.
Si vous donnez du Canigou à votre toutou depuis sa sortie du ventre maternel, ne comptez pas sur lui pour foncer au premier Carrefour du coin s’acheter du StarPédigré, et encor moins, de se tapper 36 bornes pour rejoindre une campagne ou le jappant clébard pourra se délecter d’une bonne poule de ferme.

De la même manière, Jean-Mi que l’on à habitué à bouffer de la daube à la téloche, n’aura pas le réflexe d’aller voir un peu plus loin, s’il n’y a pas quelques saveurs à son goût, qui enrichiraient par la même occasion, l’éventail de papilles dormants au fond de son joyeux palais.

Donc, la paresse de l’esprit est bien la cible direct de nos amis les H&Miseurs.
Mais pourquoi H&Emiser?
Ben, paske monsieur H&M ne roule qu’en Rolls, ne porte que du Armani( si tu crois qui va se loquer avec les vieux t shirts de merde de sa chaine, il sait pertinemment bien que c de la daube : il a vu lui-même ses usines en thaïlande et la maladresse des gosses qui cousent ses 674 vestes par jour… non sans dec…
Armani c quand même mieux. Il est vieux monsieur H&M, il est pas con.).
Il lui en faut d patates.Un maximum.
Si possible « LE » maximum.

Alors, il à décidé d’habiller tout le monde pareil : d’abord. Il s’est rappelé de ce qui faisait flashé ses pottes quand il était ado : James Dean, Jim Morisson…
« Awééé ! » qu’il s’est dit :
- Alors, qui c qui se prend pour James Dean cette année ? demande il à son conseiller en com.
-Bha je sais pas patron, mais je sais kia un mec avec une face d’éternel adolescent, les cheveux long et tout, i fait même(lui-même*) des trous dans ses jeans, et des bracelets en cuir.
-Il a la cote ? demande Mr le PDG.
-La super cote dans la tranche des pucelles de moins de 17 ans, chef. Même Tim Burton à flashé sur sa tête d’épouvantail boosté à la coke.
-Cheveux long ? pourcentage de romantisme ?
-1% patron.
-Cela nous fait donc 99% de libre pour du toc.

Et c comme ça que mr H&M à habillé lui-même Jhonny Depp.
En récupérant les goûts de l’idole pour les années Sid Vicious, il se garantissait la reconnaissance de quelques millions de JeanMi de moins de 17 ans(d’age mental).
Dans le même temps, il ouvre sa premiere usine dans je ne sais quel trou, où l’exploitation d’enfants pour la main d’œuvre est une banalité, qu’il paye une misère.

Et de me demander pourquoi j’avais l’impression d’avoir vu aux moins milles fois ici les bracelets, ici le t-shirt ou le falzar faussement dégluingos .

Interessant : Jean-Mi à pleins de pottes qui sont persuadé de se distinguer grâce :
1) A son apparence vestimentaire (péché que nous commettons tous à un moment ou un autre et d’une maniere +- pathologique)
2) Au fait que(grâce à Dieu !) tout le monde n’a pas vu la super Jhonny campagne de pub. Cela leur garantis un niveau de clonage limité.Ils restent de cette manière persuadés que « leur » style est simplement celui qu’apprécie leur idole.Et pas l’inverse.
3) En ne l’achetant pas en solde, leur rébellion étendardisée aura une durée de vie de plus de 3 mois.
4) Au fait que, franchement, il se foutent completement de Jhonny Depp et ne connaissent absolument pas sa filmographie.Voilà bien notre rusé JeanMi : cautionner son libre arbitre en mettant en avant son ignorance, lui servant d’argument imparable en cas d’accusation de moutonnage.

Finement joué.

Sachez mes amis lecteurs, que la H&Misation ne se cantonne plus à l’objet(Dans ce cas, l’idole, la star…) mais s’attaque aujourd’hui directement au créneau.

De ce fait, quand tf1 lance la géniale et terrifiante idée de former des touristes à réaliser le souhait de 99% de la populace(c'est-à-dire, avoir sa tronche dans tous les hebdo croustillants, sur toutes les chaines de téloche, bref d’être VU et reconnu par ses pairs, et non pas, comme certains étourdis aurait pu le croire, devenir le vecteur d’un message quelconque par le biais d’une action gratuite et inspirée : l’art. Ben wi, JeanMi à peur parfois de n’être qu’un petit grain de poussière dans l’espace,il craint un peu d’être inutile, abscon, SANS aucune espèce d’IMPORTANCE. Et ça non. C même pas vrai, et il rêve en secret que TOUT le monde se joigne à sa cause( ?). Que personne ne puisse vivre sans lui, et qu’il se baise Sharon Stone ou Adjani si il en avait envie. Voilà c DIT !ouuuuuffff… Jean-Mi, on t’aime allez, arrete… ) M6 se charge d’opérer sur un formatage encor plus insidieux :

En faisant de Steeve Estatof un gagnant au cœur de rebelle, qui n’a pas peur de chanter avec frénésie « Tu m’entends putain de ta mère ?... enfant de salope ».
Les producteurs de « La nouvelle Star » feignent de perdre une sorte de « contrôle » qui valide ainsi, avec plus de conviction que La Star Ac aurait pus démontrer, l’intégrité de son spontané poulain.
Les Kids boutonneux qui ne jurent que par Nirvana PEUVENT se matter des émissions de télé réalité sans honte.Ils ne sont plus obligé de prétexter une curiosité malsaine, un de leur frère à su tirer son épingle du jeux.

M6 vient de récupérer le rock N roll et le formater pour la ménagère de moins de 50 ans.
On tient enfin notre héraut du Rock-H&M, ya de la thune à se faire.

Alors mon chéri, je te remémore un vieil adage :
« On devient se qu’on mange ».
En mettant cette image à son niveau le plus spirituel(l’esprit ne se nourrit-il pas également ?) je te laisse méditer.
Je vais me boire une bonne bière.

Je me demande si je vais pas tirer un coup ce soir.